À la manière d’un Indiana Jones explorant les décombres d’un palais millénaire pour y trouver une relique sacrée, il arrive que l’on fouille dans un vieux carton afin d’y (re)découvrir un trésor, une gloire du temps passé. Ce carton pourrait très bien être oublié dans le grenier d’une maison, trouvé dans une brocante, ou au sein d’un hasardeux lot sur Ebay. Peu importe, l’important étant son contenu : des personnages tirés du dessin animé les Chevaliers du Zodiaque ayant livré mille batailles entre les mains d’enfants dans les années 80.
Bandai Japon commercialisa à partir de 1986 une gamme de jouets à l’effigie des héros du dessin animé, et ce dans tous les pays du monde diffusant la série. Le succès fut immédiat, les jouets faisaient vraiment envie en magasin et les manipuler pour revivre les moments forts du manga en recréant les scènes dans sa chambre était un rêve pour presque chaque enfant de l’époque. Leur particularité était de présenter chaque héros articulé avec son armure amovible, pouvant prendre place sur le chevalier ou bien sur un totem reprenant l’identité de sa constellation. Les pièces étaient en plastique et en métal. D’ailleurs plusieurs variétés de métaux furent utilisés, en témoignent les différences de leur état 26 ans après (en mettant de côté le soin apporté à leur conservation) : si certains chevaliers sont presque comme neufs, d’autres sont complètement oxydés (le meilleur exemple étant l’armure V2 de Seiya qui est globalement rongée par l’oxydation).
Ce qui fait le charme des vintages, c’est le look assez improbable des jouets : les personnages ont d’étranges proportions, les pièces d’armure sont épaisses, énormes, pas forcément ressemblantes au design d’origine et la finesse de la sculpture varie assez, tout comme l’échelle de l’ensemble. On a plus affaire à des gardiens de cage de Hockey bardés de protection, plutôt qu’à des gracieux et souples combattants. Mais à l’époque il n’y avait rien d’autre pour comparer le rendu visuel, ces jouets étaient exclusifs, révolutionnaires, attractifs, et surtout ils étaient magnifiques.
L’atout permettant de replonger dans cette séduisante gamme de figurines est incontestablement la nostalgie. Actuellement chaque Myth Cloth se rapproche au fil des sorties un peu plus de la perfection, l’atteint même parfois. Mais avec les Vintages, c’est l’affectif qui se manifeste. Le souvenir et l’émotion prennent le pas sur la quête de l’excellence, les jouets d’antan à la représentation maladroite triomphent un instant sur la dernière sortie de Bandai. Lorsque j’ai commencé ma collection de figurines, je n’en voulais pas une seule dans ma vitrine car je les trouvais vilaines, maladroites, pas vraiment fidèles à leur homologue dessiné, et surtout dépassées. Mais au fur et à mesure, une, deux, puis trois d’elles ont fait leur entrée. D’abord celles que je possédais étant enfant et que je souhaitais avoir à nouveau, puis toutes les autres que je désirais en feuilletant le catalogue de jouets avant de dormir, avant Noël.
D’abord ignorées, les vintages sont à présent estimées et tiennent la place d’héritage, de jouets transmis avec émotion lors d’achats auprès de trentenaires soucieux de savoir si le prochain propriétaire en prendra bien soin. Cette tournure est assez étonnante. Ces jouets ont une histoire, sont porteurs de sentiments, ils sont un bien plus précieux qu’on ne pourrait le croire.
Ainsi, j’ai pu mettre la main sur plusieurs figurines. Leur état, tout comme leur valeur qui en dépend, varient énormément : le fait d’être encore en boîte ou bien vendues en loose (sans boite ni notice) influent sur leur prix, leur rareté et sur le choix de leur acquisition. C’est pour cela que j’ai un peu de tout, je vous présenterai cela au fur et à mesure.
1/ Chevaliers d’Or : Shura du Capricorne et Shaka de la Vierge
Ce sont des versions françaises de 1987, reconnaissables rapidement grâce à la languette (les boîtes japonaises n’en ont pas) et à la couleur jaune dominant la boîte. Un rabat recouvre la face avant, et se soulève pour admirer le contenu. Ici encore c’est une particularité des boîtes françaises, celles vendues au Japon sont intégralement closes sans pouvoir regarder quoi que ce soit, sinon les illustrations et photos du produit sur l’emballage.
L’armure du Capricorne est ma préférée des 12 chevaliers d’Or, les ornements en spirale sont plutôt jolis, et l’armure recouvre efficacement chaque partie du corps avec efficacité, surtout les avant-bras. Globalement ce chevalier est bien élégant, et il y a quand même un souci : les pointes au bord des épaulettes ne devraient pas être présentes sur cette version calquée sur le design du dessin animé. Dans le manga papier, l’armure est un peu différente surtout au niveau du casque, et avec l’ajout de pointes aux épaules.
Même si le chevalier d’Or de la Vierge fut satisfaisant à l’époque, les proportions sont aujourd’hui sujet de moqueries ! Les épaulettes sont énormes et font penser à un deltaplane, la tête devient ainsi encore plus petite, engoncée dans les épaules et recouvert un casque de moto… Shaka reste plaisant entouré de ses comparses mais seul, c’est une autre affaire. Son précédent propriétaire avait peint les ornements de l’armure en blanc, et avait même bricolé une cape dans un bout de tissu ! Aujourd’hui la cape est toute effilée mais je l’ai gardé tout comme les traces de peinture, pour ne pas oublier d’où vient ce jouet 🙂
2/ Chevalier d’Or : Aiolia du Lion et chevalier de Bronze : Shiryu du Dragon (armure V2)
Des versions françaises également de 1987. J’ai pu retrouver le Dragon que j’avais étant petit, qui me faisait tant envie dans la vitrine du magasin de jouets en bas de chez moi. Quelle émotion à son acquisition ! Ci-dessus voici comment s’ouvre le rabat pour admirer le contenu avec des étoiles pleins les yeux.
L’armure du Lion est une des plus endommagées en ma possession, la dorure des parties en métal a fichu le camp, et les pièces en plastiques sont écaillées. Pour retrouver un éclat comme il fut à l’origine, la seule solution est de tout repeindre à l’aérographe, mais ça fait beaucoup de travail. Pour l’instant je garde ces éléments usés comme trace d’une utilisation intensive dans les mains d’un enfant. Le côté usé est particulièrement plaisant en fin de compte.
Et pour la fin, Shiryu du Dragon avec son armure emblématique des chapitres Asgard et Poséidon, avec laquelle il fit face à maint dangers. En comparaison avec les autres héros, celle ci est assez spéciale. La couleur devrait être turquoise, le diadème et la ceinture sont disproportionnées car trop gros, mais il est intéressant de voir que Bandai a pu faire des cheveux longs à ce personnage, alors que sa version précédente n’en avait pas. Shiryu est un des seuls chevaliers à avoir un totem ressemblant difficilement à sa constellation, on a toujours un empilage de pièces rappelant vaguement une créature fantastique mais pas vraiment un dragon…
Mais il reste quand même cher à mon cœur, étant mon premier jouet à l’époque. Pouvoir remettre la main dessus et admirer la boite, les pièces qui tombent toutes seules, faire appel à la Patafix pour mieux les fixer, donner des poses improbables, assembler l’armure sur le personnage, puis le totem, puis à nouveau sur le héros… pour ensuite l’exposer avec amour dans la vitrine, c’est ça aussi la magie des jouets vintage !
Et voilà, c’est tout pour le moment ! Pour aller plus loin dans l’histoire des vintages Saint Seiya je vous invite à lire l’excellent article (et ses différentes parties) ici :
http://www.toyzmag.com/2014/01/linstant-vintage-les-chevaliers-du-zodiaque-partie-1-le-sanctuaire/



































































